6e goutte d’Emouna : Déraciner le mal en profondeur pour vivre dans la vérité

BECHEM HACHEM NA’ASSÉ VÉNATSLIAKH
10.11.19 – 12 Mar ‘Hechvane 5780 (6ème GOUTTE)

VAYÉRA

 

Déraciner le mal en profondeur pour vivre dans la vérité

 

Rav Moché Kaplan nous livre un commentaire, qui est une des clés fondamentales du véritable repentir.

Le Midrach enseigne qu’au début Lot était tsaddik, il décida de s’attacher à Avraham, afin d’apprendre de ses bonnes actions, et de persévérer dans cette voie, pour se rapprocher de D.

C’est la raison pour laquelle il quitta ‘haran en même temps qu’Avraham et Sarah. La preuve qu’il n’était pas racha’ en ce temps-là, est que la Présence Divine pouvait se dévoiler à Avraham. Il est bien connu que cette dernière se retire, lorsque le tsaddik est en compagnie de gens impurs.

Pourquoi Lot s’est-il autant perverti et a-t-il pris un chemin diamétralement opposé à celui d’Avraham, décidant d’aller habiter à la frontière de Sodome et Gomorrhe, qui était le lieu le plus corrompu de l’Univers ? Comment se fait-il qu’il ait chuté et qu’Avraham se soit maintenu et élevé dans sa piété ?

La réponse nous est livrée par deux versets de notre paracha.

Le Or Yahël, géant de la pensée juive, qui était dirigeant spirituel de la prestigieuse yéchiva de ‘Hevron, Rav Leib Heissman, fait remarquer que la phrase, Lékh Lekha est tournée d’une façon surprenante.

Chapitre 12, verset 1 : « Va pour toi hors de ton pays, de ton lieu de naissance et de la maison de ton père, vers le lieu que je te montrerai. »

Généralement, quand on s’en va, on sort d’abord de notre maison, puis de notre lieu de naissance, puis de notre pays. Le verset n’est-il pas construit à l’envers ?

Le verset 5 demande également un éclairage, de par la redondance qu’il contient :

« Ils sortirent pour aller au pays de Kéna’an, ils arrivèrent dans le pays de Kéna’an. »

Que signifie cette répétition ?

Le Or Yahël explique que cette épreuve de Lékh Lekha, n’était pas un déchirement physique, épreuve que n’importe qui aurait pu surmonter, mais un déracinement moral et spirituel !

La difficulté pour Avraham était de se débarrasser des mauvaises influences, qu’il avait reçues de son pays, de son entourage, et enfin de sa maison familiale.

Voilà pourquoi, le verset est cité dans cet ordre, allant du degré d’influence le plus facile à neutraliser au degré le plus difficile.

Il est bien évident que l’influence de la maison familiale est plus difficile à contrecarrer car l’être humain évolue en toute confiance dans un cadre aimant.

Voilà pourquoi, le verset devait commencer par quitte « Ton pays » (de moindre influence), puis « ton lieu de naissance » symbolisant l’entourage qui est plus difficile, et enfin « de la maison de ton père » qui incombe des sacrifices et un travail bien plus profond.

Pour parvenir à cette mission, il fallait comme nous dit le Messilat Yécharim, ne pas perdre de vue la mission qu’Avraham s’était fixée : accomplir envers et contre tout, la Volonté de Son Créateur.

Ce qui explique la redondance du verset 5 :

« Ils sortirent pour aller au pays de Kéna’an ; ils arrivèrent dans le pays de Kena’an »

Chaque pas qu’Avraham faisait, visait à atteindre la destination qu’Hachem lui avait fixée. Il ne cessait de penser à rejoindre la Présence Divine. C’est là que réside sa réussite, dans cette épreuve difficile.

Lot quant à lui, est tombé au moment où ils arrivèrent en Égypte, un des pays les plus pervertis notamment dans les relations interdites. Lorsqu’il a été confronté à cette épreuve, il n’est pas parvenu à y faire face, son passé remontant naturellement à la surface.

Son repentir n’était pas sincère comme celui d’Avraham, il ne s’était pas débarrassé des attraits pervers, pensant pouvoir vivre dangereusement entre deux mondes, celui de Sodome et celui d’Avraham.

Quand il fut confronté aux tentations de vivre dans l’abandon des mœurs, il trébucha, ayant oublié l’objectif fixé, et la mission choisie : s’attacher au tsaddik et à Hachem.

Nous apprenons de cette paracha, une leçon fondamentale. Il faut choisir son camp, couper court avec un passé douteux, ainsi que le dit le verset sur la téchouva :

« Ya’azov racha’ darko »-« Le racha’ doit abandonner ses mauvais chemins.»

On ne peut pas vivre à cheval entre deux mondes dont les valeurs sont contradictoires. Il faut trancher dans le vif et accepter le joug d’Hachem, en se fixant comme but le monde de la Vérité, de la Lumière et de l’Éternité.

Si l’on sait qu’on marche dans cette direction, alors on n’aura aucun mal à faire ce que l’on considère comme des sacrifices qui s’avéreront être dans le monde de la Vérité, des milliards de mérites, que l’on pourra récolter pour l’Éternité.

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