176e goutte d’Emouna : LE JEUNE DU 17 TAMOUZ & Ben Hametsarim : Les 3 semaines de Deuil

BECHEM HACHEM NAASSE VENATSLIAKH
09.07.20 – 17 Tamouz 5780 (176ème GOUTTE)

                                               

LE JEUNE DU 17 TAMOUZ & Ben Hametsarim : Les 3 semaines de Deuil

 

Chère famille,

Nous entrons aujourd’hui dans les 3 semaines propices aux malheurs pour le Peuple Juif. En effet, les dates ayant une importance fondamentale dans notre Tora, nous savons que cette période de Ben Hametsarim, fut celle où fut perpétrée la majorité des malheurs qui ont atteint le peuple juif.

La faute des explorateurs, la faute du veau d’or, le bris des tables de la loi, la destruction des deux Beth Hamikach, la prise en captivité de Jérusalem, et sa destruction, l’installation d’une idole par Apostomos dans le Temple, et le brûlement de la Tora, l’annulation des sacrifices quotidiens, la destruction de la ville de Betar (où vivaient de nombreux Sages en Tora), l’extermination de nombreux Bné Israël au temps du Temple, ensuite, de nombreux pogroms successifs, comme l’inquisition, la 1ère Guerre Mondial et la Shoa. Tous ces évènements tragiques commencèrent durant cette période noire pour le Peuple juif.

Nos Sages de mémoires bénies, nous conseillent d’ailleurs d’éviter d’aller en justice contre les Nations durant cette période, ils nous invitent également dans la mesure du possible à repousser les opérations éventuelles après le 9 Av (Ticha Béav).

Ces moments sont en revanche propices à la réflexion sur la destruction du Beth Hamikdach. Chaque jour nous devons nous endeuiller sur cette grande perte, ce grand vide qu’Hachem a laissé dans le monde et dans nos vies depuis plus de 2000 ans.

Il est dur de pleurer sur quelque chose ou quelqu’un que nous n’avons pas connu. En fait le Beth Hamikdach était le moyen de se sentir proche d’Hachem, on pouvait alors ressentir un bien être profond. On comprend pourquoi Moshé Rabénou a tant espéré entrer en Eretz Israël. Vraisemblablement aussi pour se rendre sur ce Saint lieu sur lequel il se serait encore plus approché d’Hachem.

Mon Maître, Rav Yossef Bentata m’avait rapporté un jour, que le Gaon de Vilna[1], a déclaré être prêt à échanger toute sa Tora, contre le mérite de pouvoir se tenir à côté de l’endroit du Beth Hamikach. Comment une telle chose est-elle concevable ? Le but de notre Sainte Tora est de fusionner avec Hachem. Le fait de se tenir à ce Saint endroit où réside la Chekhina peut nous rapprocher d’Hachem et consolider un lien encore plus profond avec Lui.

C’est donc sur cette sensation de vide, et sur cet éloignement par rapport à Hachem relatif à chacun, que nous devons pleurer. En prenant conscience de cela, nous pourrons envoyer nos larmes et nos prières devant le Trône Céleste et dire à Hachem, que nous ne pouvons plus supporter la profanation de Son Nom et de Ses enfants. Nous devons demander la restauration du règne dévoilé d’Hachem, autour du Machia’h et du Troisième Temple. Hachem attend juste que nous appelions sincèrement de nos vœux un retour à ce temps béni. Pour ce faire il convient pour chacun d’entre nous de nous efforcer à marcher sur le chemin de la Tora, ainsi que le dit le Talmud[2]: « un jour Rabbi Yeoshoua Ben Lévi demanda à Eliaou Hanavi quand est-ce qu’Hachem enverrait enfin le Machia’h. Ce dernier répondit avec une phrase du Téhilim: « Hayom Im Békolo Tichmaou » « aujourd’hui si vous écoutez la voix d’Hachem ».

En pensant à tous les êtres chers, tous les Tsadikim qui nous ont quittés, nous pouvons prendre plus facilement le deuil de Yeroushalaïm, du temple. En effet, nos textes Saints[3], nous rapportent que le retrait de ce monde d’un Tsadik est douloureux comme la destruction du Beth Hamikdach.

J’ai pensé à une explication de cela, en voyant un Rachi sur Balaq[4] qui dit que les ruines du Temple servent d’expiation pour les âmes. De même, on peut expliquer que la mort du Tsadik est douloureuse aux yeux d’Hachem comme la destruction du Temple, car chaque Tsadik est comme un Beth Hamidkach, étant un réceptacle de la présence Divine.

Que nous puissions prendre conscience de ce vide, afin qu’Hachem nous prenne en pitié et nous délivre de toutes nos souffrances.

 

 

[1] qui fut un des plus grands géni de la Tora vivant vers 1800 et étant un des seuls qui la connaissait à l’endroit et à l’envers

[2] Traité Sanhédrin 98 

[3] Talmud Traité Moed Katane 28

[4] Chapitre 24, verset 5

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