191e goutte d’Emouna : L’importance du respect de la dignité humaine
BECHEM HACHEM NAASSE VENATSLIAKH
20.07.26 – 6 Av 5786 (191ème GOUTTE) – VAETHANAN
L’importance du respect de la dignité humaine
Nous avons commencé à analyser, la gravité de l’humiliation faite au prochain, qui fut l’une des causes de la destruction du second Temple. Ce comportement est une conséquence de la haine gratuite, dont nous avons pu mesurer les effets dévastateurs. Par rapport à la sévérité d’un châtiment, on peut juger de la valeur d’une faute aux yeux d’Hachem.
LES RELATIONS HUMAINES
Le Talmud, nous rapporte, pour illustrer l’importance de l’honneur que l’on doit à son frère, l’histoire du prosélyte qui vint demander à Chamaï et à Hillel, qui étaient les Maîtres de la génération, qu’on lui enseigne toute la Tora sur un pied. Chamaï le renvoya d’un coup de bâton. Le Maharcha explique que l’intention de ce prosélyte était de savoir quel était le pilier fondamental de la Tora. Chamaï l’a frappé d’un bâton pour lui enseigner que, si déjà un immeuble ne peut tenir sur un pilier, à plus forte raison, la Tora qui est infinie, doit reposer sur plusieurs pieds. Hillel, quant à lui, lui a résumé toute la Sainte Tora, dans une formule devenue célèbre : « Tu ne feras pas à autrui ce que tu ne voudrais pas, qu’on te fît, tout le reste n’est qu’une exégèse. »
Nous voyons combien les relations humaines et la préservation de la dignité d’autrui occupent une place centrale dans notre Tora.
HACHEM PRÉSERVE LA DIGNITÉ DE BIL’AM
La paracha Balak nous enseigne comment Hachem a préservé la dignité d’un des pires ennemis du peuple juif, que la terre ait porté.
Alors qu’il battait son ânesse, qui ne passait pas par le chemin qu’il voulait emprunter, cette dernière s’adressa à lui en lui demandant pourquoi il la battait si violemment, alors qu’elle s’était toujours montrée fidèle et loyale avec lui, (en le portant le jour, et entretenant des relations intimes avec lui la nuit). L’ânesse avait vu un ange qui barrait le chemin à Bil’am, pour l’empêcher d’agir contre la Volonté d’Hachem. Bil’am le plus grand prophète des Nations est resté sans voix. Au moment de le tuer, l’ange lui a dit : « Hachem a pitié de toi, c’est pourquoi quand bien même l’ânesse est innocente, n’ayant pas le libre-arbitre, elle mourra quand même ».
Rachi nous explique, que s’il n’en avait pas été ainsi, alors tous les habitants des contrées voisines seraient venus voir l’animal, qui a tenu en échec, par ses réprimandes, le plus grand prophète des nations. Hachem épargne la honte aux pires créatures du genre humain.
HACHEM PRÉSERVE MÊME LA DIGNITÉ DU FAUTEUR
Il en va de même de la bête, qui aurait eu une relation avec une femme, après avertissement de l’interdit de la Tora par deux témoins. Cette dernière et la bête doivent être mises à mort. Ici encore, qu’a fait la bête ? La Tora répond : afin d’épargner la honte à la femme, pour que les habitants ne disent pas voici la bête avec laquelle la femme s’est pervertie. Il en va de même pour la bête avec laquelle un homme se serait accouplé ’hasvéchalom. Elle sera lapidée, comme l’homme. Nous voyons ici qu’Hachem dans sa Tora a tenu à préserver la dignité des êtres, même les plus dépravés.
LA GRAVITÉ DE FAIRE BLÊMIR SON PROCHAIN
La Guémara illustre ce propos et nous montre jusqu’où il faut aller pour préserver la dignité de l’être humain.
Le Traité Kétoubot rapporte que Mor Oukva avait coutume de donner une somme d’argent à un pauvre de façon anonyme, afin de préserver son honneur, pour qu’il ne se sente pas redevable. Un jour, ce pauvre le guetta pour voir qui lui dispensait tant de bienfaits. Il se mit à courser Mor Oukva et sa femme qui, de peur d’être découverts, entrèrent dans un four d’une boulangerie. Des braises encore incandescentes mirent en péril le Rav et sa femme, qui eurent finalement la vie sauve, protégés par Hachem.
Le Talmud déduit qu’il vaut mieux se jeter dans un brasier ardent, plutôt que de faire blêmir son prochain en public.
Les commentateurs font remarquer que ce n’est pourtant pas une des trois fautes capitales. Tosfot et Rabénou Yona répondent qu’humilier son prochain est un dérivé du meurtre et par conséquent, l’homme doit se laisser tuer plutôt que de rabaisser son frère.
La raison pour laquelle la Tora accorde autant d’importance au respect de chacun est que toute créature d’Hachem est porteuse de l’étincelle Divine et mérite le respect. Mépriser son prochain revient ‘has véchalom à mépriser Hachem.
C’est pourquoi le principe « Aime ton prochain comme toi-même » est la base de toute la Tora, et englobe aussi les commandements vis-à -vis du Créateur, car respecter son prochain revient à respecter la part du divin qu’il a en lui. Ce principe est la base de la Tora car lorsque l’on s’annule devant Hachem on honore par conséquent toute Sa Volonté.
En intégrant toutes ces notions, nous pouvons être persuadés que nous sommes sur le chemin de la reconstruction du Temple. Que nous ayons tous ce mérite, pour voir très vite le Machia’h !